Notre place existe-t-elle vraiment quelque part ?
Nous passons parfois beaucoup de temps à chercher notre place.
Comme si elle existait déjà, quelque part, prête à être trouvée.
Au fil de ma pratique de l’aïkido, une autre intuition s’est peu à peu imposée.
Et si notre place ne se trouvait pas ?
Et si elle s’occupait ?
Sur le tatami, rien n’est jamais acquis.
Chaque rencontre est différente. Chaque partenaire m’invite à chercher mon équilibre, à accueillir ce qui se présente avant d’agir et à m’adapter, sans jamais cesser d’être présente.
Cette recherche pourrait sembler ne concerner que le dojo.
Pourtant, très vite, j’ai découvert qu’elle m’accompagnait bien au-delà des tatamis.
Dans mon travail, mes relations, mes choix, ma manière d’utiliser la technologie… et, plus largement, dans ma façon d’habiter le monde.
Nous vivons à une époque où tout sollicite notre attention.
Les écrans, les notifications, les informations, les priorités…
Tout semble vouloir nous attirer hors de nous-mêmes.
Il devient facile d’être partout.
Sauf ici.
Alors, revenir à soi n’est pas un repli.
C’est peut-être, au contraire, la condition pour rencontrer pleinement l’autre.
Être présente à ce qui est là, à ce qui se vit, à celui ou celle qui me fait face.
L’aïkido ne m’apprend pas à rester au centre.
Il m’apprend à y revenir.
Encore et encore.
À chaque déséquilibre, à chaque rencontre, à chaque chute.
Je découvre peu à peu que la présence n’est pas un état que l’on possède.
C’est une qualité que l’on cultive.
Jour après jour.
Instant après instant.
Je ne sais pas si l’on trouve un jour sa place.
En revanche, j’apprends, peu à peu, à l’habiter.
C’est ce chemin que l’aïkido m’invite à parcourir.
Et c’est humblement celui que je souhaite partager ici.
Et vous ?
Avez-vous déjà ressenti ces instants où tout semble naturellement à sa place…
Parce que, tout simplement, vous occupiez pleinement la vôtre ?

